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mercredi 8 février 2017

BD NEWS - 10 - BERNARD CHADEBEC


Ce texte est la version ( Longue ) originale avant re-liftage de mes vénérés rédac'chefs de BD NEWS, une gazette au ton décalée qui est incluse dans Fluide glacial et qui est dirigé par Cizo & Felder. Qui eux aussi on eu avoir avec Bernard Chadebec.




BERNARD CHADEBEC

Le travail de Bernard Chadebec a été mis en avant grâce au livre Trésors de L’INRS paru en 2012 aux Requins Marteaux. Un ouvrage qui présenté les meilleures affiches de cet institut national chargé de la prévention et de la sécurité. Dans ce recueil les productions de Chadebec sortaient du lot. On y découvrait un grand affichiste méconnu, même si certaines de ses créations ont pu être vues  par tous dans le cadre de l’entreprise, de l’hôpital ou encore de l‘école. Le livre proposait aussi une interview de L'affichiste.
En 2016 c’est l’éditeur Rollo press qui se penche sur le cas Chadebec.
Olivier Lebrun un des deux auteurs du livre témoigne : «  Urs Lehni et moi  sommes tombés sur un autocollant. Il était collé sur un poste électrique dans une ancienne usine qui servait d’espace d’exposition lors du 25e festival international du graphisme de Chaumont. La persistance du signe et du signal qu’il émettait — écrasement — faisait office de résistance dans un environnement visuel dont les messages demeuraient parfois cryptiques. Ayant travaillé comme magasinier plus jeune, j’expliquais à Urs que les images de cet individu étaient singulières et nous nous sommes mis à sa recherche à partir de sa signature « Chadebec », avec en tête de le rencontrer.

Une quête qui va aboutir sur cette surprenante monographie.

« En tant que graphistes, ce qui nous a d’emblée intéressé chez Chadebec est son statut d’employé, assez rare. Ensuite sa pratique dans un domaine en marge de l’histoire du design graphique puisque n’appartenant pas au registre culturel, institutionnel ou commercial. »  Commente Olivier Lebrun

Et de rajouter : « La singularité du vocabulaire développé par Chadebec réside dans ses choix graphiques pour traiter un sujet relativement grave : la prévention des accidents dans le milieu industriel. Il utilise des figures comiques, des animaux, des couleurs assez spécifiques. Il paraît en phase avec la période des Trente Glorieuses, provoquant du jeu beaucoup plus que de la culpabilité dans ses interactions avec l’ouvrier.

Manier les concept a obligé l’affichiste a pousser le graphisme de ses affiches dans des retranchement abstraits ou comiques. La représentation de ces animaux, intrus par excellence, l’amène a créer un microcosme fantaisiste ou danger et mignon se côtoient.

L’abstraction typique de sa production est mis en valeur par la maquette du livre chez Rollo press. Des formes colorés et mouvantes se déploient souvent sur de fonds noirs, rappelant le danger toujours imminent. Ses rapports de couleurs créent des compositions inédites qu’on ne pourrait pas voir verrait dans des affiches commerciales ou le produit règne en maître.

Comme le dit Chadebec lui même.  « J’ai essayé de m'éloigner de ce qui se passé dans l'entreprise parce que je pensais que d'essayer de montrer la réalité, de ce que vivait l'opérateur, ça me paraissait pas très intéressant, d'abord parce que l'opérateur, ce qu'il vit, il le sait mieux que moi. Donc j'essayais de prendre de la distance par rapport à ça, pour  le faire réfléchir. "

Le livre lui même est accidenté. Dedans  les affiches sont pliés en 4 puis reliées en dépit de toutes convenance. Ainsi elles  ne sont visible que par bribes. On appréhende le travail par le détail. On s’immerge dans la matière graphiques : ses formes simple et colorés, caractéristique du style Chadebec.

Olivier Lebrun Nous explique ce parti pris : «  La mise en page propose de compiler ces visuels et de les faire dialoguer entre eux. Avec la collaboration des étudiants de la Hfg Karlsruhe, nous nous sommes intéressés aux échelles des affiches une fois mises en page, comment passer de l’espace public de l’affichage à celui plus privé de la lecture. Sur un sujet tel que celui de l’accident, il nous semblait assez intéressant de venir en provoquer au sein de l'ouvrage, de créer des collisions. De préciser que les affiches, une fois l’ouvrage démonté, existent dans leur intégralité. C’est un jeu de pli dans chaque cahier de 16 pages et ils nous plaisait de travailler avec la mécanique de l’imprimerie pour produire le livre… la question du rapport homme-machine étant omniprésente dans les affiches de Chadebec. »

Ce livre propose même un petit jeu : les affiches sont reproduites à la fin en noir et blanc. On peut s’amuse a deviner d’où provient chaque partie. Un ouvrage conceptuel et ludique à l’image du travail de Bernard Chadebec .  Grand  affichiste bientôt reconnu…




Bernard Chadebec – Intrus sympathiques
Rollo press - 25 euros
rollo-press.com

Par ici
Une émission de 2014 consacré au livre des Requins marteaux
avec une interview de Bernard Chadebec

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Double pages extraites du livre :















mardi 3 janvier 2017

BD NEWS - 09 - WILFRED LIMONIOUS



Ce texte est la version originale avant re-liftage de mes vénérés rédac'chefs de BD NEWS,
une gazette au ton décalée qui est incluse dans Fluide glacial et qui est dirigé par Cizo et Felder.



WILFRED LIMONIOUS (1949-1999)

En Jamaïque, au début des années 80, à la faveur de différents changements politiques qui rendent les gens optimiste, un nouveau son va se répandre dans l’île : Le dancehall. Un style enlevé et frais qui contraste avec celui plus mystique et sérieux du Reggae, omniprésent dans la décennie précédente. Ce changement de style permet au jamaïquains de renouer avec  le plaisir de la chronique humoristique, une tradition importante dans la culture locale et qui s’est toujours exprimée en chanson.

Wilfred Limonious va incarner graphiquement l’esprit de cette musique. Ses dessins naïfs et expressifs capturent l’ambiance de la rue et dressent un portrait fidèle du milieu musical de l’époque. Beaucoup de mélomane on crut voyager directement à Kingston en regardant ses dessins. On se retrouve propulsé dans l’ambiance des sound system avec sa faune bariolée : danseuses sexy, dj en action, gangsters plcides, pochtrons accoudés au bar, animaux divers et flics qui surveillent tout ça. Un regard caricaturale mais aussi plein de tendresse sur les gens de la rue. Sur place tout le monde s’identifie au personnages qu’il dessine et au delà des mers, ses pochettes fascinent collectionneurs et mélomanes qui on l’impression de mieux comprendre ce nouveau son. Avec le temps cette imagerie pop deviendra indissociable de cette musique.

Limonious est né à Albertown, une petite ville paumé dans la campagne. Issu d’une fratrie de sept enfants. Il dessine tout le temps, partout. Il croque le portrait de tout les gens qu’il rencontre. Repéré par un professeur de dessin, il finit par atterrir dans une école d’art puis se retrouve très vite dans un journal à faire des strips qui sont de courtes chroniques humoristiques.

Au début des années 80 il se présente chez Solo-Graphic Printers, un studio qui gère le graphisme pour les pochette de disques. Il sera embauché tout de suite et produira de nombreuses pochettes . Son dessin moderne et ses couleurs flashy plaisent au public ainsi qu’aux chanteurs qui veulent pour leur disque ses images drôle et sexy qui collent si bien à leur musique. Limonious est très demandé, puis vite copié. Rendant son style indissociable de cette musique

Il aura fallu attendre longtemps pour en savoir un peu plus sur lui. Un livre excellent venu d’Angleterre met en fin en lumière son travail. Superbe iconographie et quelques texte très intéressants, en anglais, qui aide a mieux comprendre cette culture et son apport graphique.




IN FINE STYLE
The Dancehall art of Wilfred Limonious
onelovebooks.com

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Plus d’image sur discogs

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Et pour finir voici quelques morceaux plus ou moins connus liés à cette époque :









samedi 26 novembre 2016

BD NEWS - 08 - FANZINES CONCEPTUELS




Ce texte est la version originale avant re-liftage de mes vénérés rédac'chefs de BD NEWS,
une gazette au ton décalée qui est incluse dans Fluide glacial et qui est dirigé par Cizo et Felder.

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Je suis assez conscient du décalage qu’il peut y avoir entre l’institution Fluide et cette chronique sur des fanzines pointus. Mais pourquoi pas…

Voici donc une sélection de 3 fanzines en noir et blanc fait par des français et plutôt conceptuels.
3 choix parmi ce qui se fait de mieux en ce moment dans le monde très créatif de la microédition.

MÉTA BD CHORÉGRAPHIQUE

Sammy Stein est le Busby Berkeley de la bande dessinée. Il imagine des chorégraphies de crayon digne de l’âge d’or de la comédie musicale hollywoodienne. Certes on est loin de ce style flamboyant et glamour. Son travail est plutôt minimale et noir et blanc. Mais on y retrouve un art du mouvement, une précision dans la synchronisation qui produit une poésie narrative que seul la bd peut accomplir. Un des grande bd de l'année.

CRAYON # 1 & #2
de Sammy Stein
Auto-édition - 2016 - France - Riso - 100 ex - 8€ les 2
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sammystein.fr











EXPLORATION DU DESSIN

Nicolas Nadé, est un dessinateur messin, dans Nobu, il nous propose onze dessins de paysage en noir et blanc. Cet ouvrage nous invite à une exploration de ces lieus étranges et désertiques. La mise en page constituée de recadrages et de zooms à partir des mêmes images nous incite à nous enfoncer ainsi jusqu’à la trame pour visiter les moindres recoins de ses décors dépeuplés. Le regard scrute les détails de ces vallées fantastiques ainsi que la matière graphique qui les constitue : les traits, les formes, la textures des trames. On est absorbé par ce voyage inédit. L’objet imprimé devient une nouvelle manière d’aborder le dessin ; il ne s'agit plus d'une suite d'images reproduites. On appréhende l'œuvre à travers un regard diffracté proposé par l'éditeur, qui met en valeur de manière inédite le dessin.

NOBU
de Nicolas Nadé
FP&CF - 2016 - FRANCE - Offset - 300 ex - 20 €
-
editionsfpcf.com












MUSÉE DE PAPIER

L’éditeur allemand Gloria Glitzer propose de transformer un fanzine en musée. Chaque numéro de la série About est un leporello qui une fois déplié figure 4 parois d’une pièce. Une invitation a exposer sur papier, à jouer avec le volume de la pièce et l’agencement de ses œuvres dans le "white cube". Alexis Beauclair imagine dans son style minimale et sinueux un espace rempli de sculptures, de trous, de passages. On se projette dans cet espace qu’on aimerait bien réel.

ABOUT # 5
d’Alexis Beauclair
Gloria Glitzer - France - 2016 - offset - 100 ex - 9 €
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gloriaglitzer.tictail.com
alexis-beauclair.com








vendredi 25 novembre 2016

BD NEWS - 07 - L.B. COLE


Ce texte est la version originale avant re-liftage de mes vénérés rédac'chefs de BD NEWS,
une gazette au ton décalée qui  est incluse dans Fluide glacial et qui est dirigé par Cizo et Felder.



L.B. COLE

Lénonard Brandt Cole (1919-1995) est un dessinateur américain méconnu. Il a œuvré pour des éditeurs mineurs de « L’âge d’or » des comics et a essentiellement produit des couvertures impeccables au service de BD qui ne passeront pas à la postérité.

Il commence à travailler dans l’industrie des comics en 1943. Son envie de dessiner est doublée d’un certain esprit d’entreprise. Il comprend que si il ne veux pas passer sa vie enchainé à sa table a dessin à subir les recommandations des éditeurs, il doit éviter de faire de la BD et être le plus indépendant possible. Rapidement il crée un studio et travaille pour des petites compagnies ce qui lui permets d’être plus libre et de se concentrer sur les couvertures.

Il considère la couverture comme une image en soi et prénomme son style « poster ». En observant des centaines de couvertures alignées chez les vendeurs de journaux, il comprend qu’il doit se distinguer par des compos choc, des couleurs pures traitées en contraste. Des combinaisons de jaune, bleu sur fond noir ou rouge sont sa marque de fabrique. Son traité graphique est excessif, expressif. Il joue sur la perspective et déforme les corps pour plus d’efficacité. Son souci premier est l’impact.

En 1949, il crée Star publications. Devenu éditeur, la nécessité d’une bonne couv’ se fait donc sentir aussi pour l’aspect commercial. Mais en tant qu’artiste et maître à bord il n’entend pas dévaloriser son travail et va ainsi produire des images de premier choix.

En 1954, le comics code débarque pour réguler et aseptiser une partie la production. Beaucoup de petits éditeurs mettent la clé sous la porte. Ce sera le cas de Star. Le style tapageur de Cole est typique de ce que les ligues de vertus reprochent au comics à cette époque. Il continuera à travailler pour des plus ou moins gros éditeurs produisant des images moins violentes et définitivement moins éclatantes. Il s’adaptera pour vivre.

Sa reconnaissance fut tardive, quand dans les années 60 et 70, les fanzineux commencent à scruter et référencer l’énorme production de cet âge d’or. Il est recontacté par des fans et renoue avec ce style que ces nostalgiques accueillent avec joie.

Fin 80, The photo journal guide to Comic Books un épais recueil de références, met en avant certaines de ses images. Plusieurs couvertures de Cole sont reproduites sur les 2 couvertures de ce guide. Les amateurs commencent à comprendre la qualité de son travail, très représentative de ce qui est fascinant dans l’esthétique des comics : ce mélange d’outrance et de naïveté porté par un dessin pêchu et coloré. Une pop culture graphique d’univers imaginaires bourrés de fun.

Un très beau livre reprend l’essentiel de la production de ce maître de la couverture.




Black Light - The world of L.B. Cole -
2014 - Fantagraphics - 272 pages -  40 $

fantagraphics.com/blacklight

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